19.10.2008

Mercredi 19 octobre '55

Devant le gîte, tel un marché aux puces, s'étalent toutes les affaires, les "bintus" de mes ouvriers. Ce sont d’énormes paquets terminés par la couverture de l'état renfermant pêle-mêle ce qui les suit dans leurs nombreux déplacements et qu'ils considèrent comme indispensables à leur existence.... casseroles, petit bac à pilonner le riz, petite provision de manioc, une chaise pliante ou, pour les mieux équipés, un phono que l'on traite avec respect.


Mukuku1

La benne chargée au maximum fit deux voyages jusque Mukuku. Une femme avec un nouveau-né dans les bras me demanda pour accompagner le camion. Malgré l'interdiction formelle de Rochez, j'autorisai cette brave à monter dans la cabine. C'était au-dessus de ses espérances, elle espérait la benne. Je me demande comment ce tout petit gosse d'un mois au maximum pouvait résister ainsi, en plein soleil de midi, alors que chez nous nous entourons nos bambins de tant de soins....

Finalement, ayant vidé mon gîte à mon tour, je m'embarquais pour le dernier voyage de la benne vers ma nouvelle terre de prospection. En passant à travers un village, un type fit de loin de grand signes pour nous arrêter . Quand nous fûmes près de lui, je vis alignés au bord de la route deux moutons qui avaient rendu l'âme. Le type gesticulait mais j'avais assez de choses à faire aujourd'hui et assez de tracas avec mes travailleurs... Le chauffeur m'explique que ces moutons courraient sur la route et que c'est la faute du capita.... Moi je pensais qu'il n'y avait plus qu'une chose à faire: c'est qu'ils les mangent. !Poursuivis de près par un terrible orage, nous arrivons enfin à Mukuku.

Mukuku3Mukuku2

Immédiatement, je vis mon nouveau gîte, une réelle case indigène. je sentis un petit malaise... mais le moment n'était pas aux impressions personnelles sur la maison que les travailleurs m'avaient préparée depuis 2 jours... La fenêtre aurait pu avoir comme rideau un mouchoir même pas déplié... mais, y étant entré je vis que le pièce à "la petite fenêtre" n'était que la chambre à coucher... tandis que ma salle à manger n'était qu'une sorte de couloir avec une porte de chaque côté. Tout compte fait, grâce aux deux portes fermant bien et aux murs chaulés, ce n'était pas si mal que ça.... Pendant une heure environ je fis déplacer mon armoire, ma table et mon fauteuil, jusqu'à en trouver une meilleure disposition.... Puis l'orage nous rattrapa et nous fûmes gratifiés d'une de ces pluies !