17/06/2010

Changement de cap

Après avoir fait le plein de soleil, de détente, d’amitié et de bonne humeur (et quelques achats), nous voici de retour à Bukavu, où , nous le savons, nous allons nous séparer pour « un moment ».

Chez Mme Schoemaeker, l’accueil n’est plus le même. En fait, elle est très inquiète de la tournure que prennent les choses, même à l’hôpital où elle travaille. Elle a donc l’intention de partir en Ouganda pour la période des festivités de l’indépendance du 30 juin.

Nous n’hésitons pas une seconde et demandons au territoire de Bukavu le rapatriement de notre petite famille pour la Belgique. Par contre, chez nos cousins, on ne se rend pas compte de l’atmosphère explosive du pays et rien n’est prévu...

Au Maniema - où durant notre absence les choses ne se sont pas améliorées - il est recommandé aux épouses et enfants des agents de rentrer en Belgique. Nous avons bien fait de réserver mes places ! A Kindu, sur une population de 900 personnes, il reste 13 femmes… même les compagnies privées ont rapatrié les familles.

L’Etat d’exception a été décrété, les militaires patrouillent partout. Durant le mois de juin, 70 avions spéciaux seront affrétés pour rapatrier les épouses des agents vers la Belgique. Les dames de Kayuyu et de Pangi se retrouveront à Kindu pour faire le voyage vers Usumbura.

Il me reste deux semaines pour grouper nos quelques possessions, pour emballer le plus précieux en laissant à Michel un équipement de « broussard » comme il avait connu au début de son séjour au Congo. Ce n’est pas vraiment dans le but d’expédier nos malles en Europe, mais plutôt dans l’intention de stocker nos affaires à l’abri, de préserver les plus fragiles de la casse, du manque de soin. Je vais revenir…..

Et c’est donc le 23 juin que j’ai embarqué avec les 2 enfants, en compagnie d’autres dames des territoires environnants. Sur le tarmac à Kindu c’était le rassemblement des agents accompagnant leurs épouses et l’humeur n’était vraiment pas à la joie. Quand allions nous nous revoir ????

 

Commentaires

témoignage témoignage poignant dans sa simplicité, dans sa naïveté aussi, mais ça c'est après coup qu'on peut le dire. Bravo à vos parents et à vous de nous donner lire ces pages si belles et si vraies.

Écrit par : jean-paul istasse | 22/06/2010

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