11/05/2010

Safari

Les élections ayant eu lieu, nous sommes partis en voyage. Michel avait difficilement obtenu de pouvoir quitter le poste, mais puisqu’il était prévu de me laisser avec les enfants à Bukavu jusqu’après le 30 juin, nous en avons l’autorisation. C’était nécessaire d’ailleurs, nous étions à bout de nerfs et depuis quelques mois à plusieurs reprises Michel avait fait de fortes crises de malaria qui l’avaient fatigué. L’incertitude de ne pas savoir ce qu’on allait devenir le minait.

Nous étions attendus en premier lieu chez Georgette et Eugène pour assister à la fête de communion solennelle de leurs deux filles aînées. Ensuite nous continuerions sur Goma.

Les Charlier qui avaient essayé de nous retrouver durant les vacances de Pâques et qui, s’étant trompés de route avaient rebroussé chemin, comptaient bien qu’on passe quelques jours avec eux.

Le voyage fut excellent. Afin d’éviter tout risque de mauvaise rencontre, nous avons roulé de nuit, par une route ô combien plus facile que celle de Walikalé que nous avions empruntée lors de notre premier séjour à Bukavu en 1957. Cette fois nous allions avoir des vraies vacances sans souci de voiture puisque la Peugeot était quasi neuve et bien entretenue.

A Bukavu ,ville au bord du lac Kivu, nous avons bifurqué pour faire un safari au Parc National Albert, lieu unique entre tous qu’il fallait avoir vu au moins une fois dans sa vie !!!

Réserve1
Le parc national Albert d’une renommée mondiale (actuellement parc de la Virunga) est situé dans une énorme cuvette couronnée de montagnes volcaniques et renferme un nombre important d’oiseaux et d’animaux sauvages.

En compagnie d’un guide que nous devions obligatoirement embarquer dans notre voiture, nous avons fait un premier circuit au soleil couchant. C’était l’heure où les oiseaux commençaient à se blottir dans les arbres pour la nuit, l’heure où les animaux s’approchaient de la mare pour s’abreuver…

bufflesNous nous sommes aventurés dans cette immense savane, bordée au loin par des montagnes bleutées, le regard « tremblé » par un ondulation de chaleur. Herbes jaunies par la sécheresse, ci et là un arbre à feuillage plus latéral que vertical, quelques buissons rabougris…

Par une piste de terre battue, nous avons sillonné la savane à la recherche de gibier à observer. Le guide attirait notre attention et nous donnait le nom correct des antilopes et gazelles, nous dirigeant vers les points les plus propices .

Un couple de hyènes trottinait paisiblement devant la voiture, nullement impressionné et nous avons patienté avec lenteur pour continuer. Dans le lointain passaient les gnous, petits et trapus à barbiche noire. Ils détalaient aussitôt qu’on essayait de s’approcher.

elephant2Tout près, dans un buisson de broussailles épineuses, nous avons brusquement été surpris par un éléphant battant des oreilles, nous ne l’avions pas vu. Nous sommes restés immobiles durant un moment, il a fini par partir.

girafe2Des buffles à lourdes cornes, couverts de boue, des oiseaux perchés sur le dos, soufflaient lors de notre passage et on se demandait s’ils allaient prendre la fuite, ou nous. Partout il y avait des zèbres, des antilopes en quantité. Les gracieuses girafes s’étiraient pour arracher quelques feuilles à un arbre rachitique. Une famille de phacochères, a traversé la piste… A distance respectueuse nous avons admiré la puissance du rhinocéros, la peau plissée comme une cuirasse, surtout éviter qu’il ne charge…

soleil2Un soleil énorme dans sa descente à l’horizon nous donnait une peau cuivrée, dans des lueurs de forge incandescente et c’est avec l’impression d’avoir assisté à la la création du monde  que nous sommes rentrés au guest- house du parc pour y passer la nuit.

Le lendemain, nous avons repris le guide pour faire la visite au lever du jour cette fois, dans l’espoir de surprendre les animaux à la mare…. Nous sommes même descendus de voiture pour observer les ébats des hippopotames, baillant la gueule grande ouverte, se répondant de « hum-hum-hum », nullement dérangés pas notre présence.

Pour terminer notre périple, nous nous sommes rendus sur les bords du lac Edouard, lieu de rencontre de milliers d’oiseaux. Les uns fouillaient la vase de leur long bec, d’autres pêchaient, certains atterrissaient comme de lourds avions, en ricochant sur la surface de l’eau.

Les marabouts déambulaient fièrement en « rentrant les épaules »… c’est grand un marabout !

Des nuées de flamants prenaient leur envol en une lueur rouge et rose dans les rayons du soleil. Merveilleux !!

Les pélicans, avec leur bec en cuvette, scrutaient la surface du lac. Les charognards, le cou dégarni, perchés sur les branches sèches des arbres, attendaient une hypothétique proie, et nous suivaient d’un œil peu amène.

Tenant compte de la fatigue de nos enfants, de la chaleur et de la soif, de la longue route encore à faire, nous avons quitté cet endroit paradisiaque pour continuer notre voyage vers Goma.

 

Commentaires

J'adore ce genre d'article qui nous fait voyager !
Je rêve de faire un safari en Afrique du Sud, ça a l'air d'être une expérience vraiment géniale.
En plus, je suis passionnée par les animaux et rêve de découvrir le "Big Five".

Écrit par : univers-animaux | 23/06/2014

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