21/03/2010

Kayuyu

Au poste de Kayuyu, on ne pouvait manquer d’admirer la belle maison au joli jardin qui était destinée à… l’agronome (en principe, la plus belle habitation devait être allouée au chef de poste). Nous avons appris qu’elle avait été érigée avec un budget du ministère de l’agronomie. Le jardin y avait été aménagé avec beaucoup de goût par l’agronome précédent; la maison était spacieuse et très bien conçue.

J’avais admiré la décoration raffinée chez les Chêne et été impressionnée par le savoir-faire de la maîtresse de maison. Aussi, en prenant possession de notre home, nous avons l’intention d’en faire quelque-chose de très accueillant. Il a fallu un sérieux coup de nettoyage et de rangement après l’occupation par un célibataire et nous avons obtenu l’autorisation de faire repeindre les murs intérieurs de couleurs « à la mode », peinture que nous avons d’ailleurs dû faire venir de Kindu ! Ce chantier nous a pris un certain temps et le chef de poste, très conciliant, nous a offert l’aide de peintres et menuisiers.

Peu de temps après notre emménagement, nous avons eu la possibilité de racheter d’occasion une cuisinière à butane. Michel m’a installé une cuisine digne de ce nom dans l’office. C’était bien nécessaire, entre-autres pour préparer les biberons et repas des enfants. Cela me permettait aussi de cuisiner moi-même.

Il n’était plus indispensable de fabriquer le pain à la maison. Le camion-courrier amenant les vivres le vendredi soir nous apportait aussi la commande que nous avions confiée au chauffeur la semaine précédente. Ainsi, nous avions du pain venant de Kindu que nous conservions dans notre frigo.

Le vendredi soir, en attendant le camion-courrier (dès son arrivée, il fallait aussitôt mettre les vivres au frais) nous jouions au whist avec nos voisins les Preat. Souvent, ce camion avait beaucoup de retard et cela nous faisait de longues soirées de jeu de cartes… Il arrivait même que le camion ait été en panne durant le trajet et qu’à l’odeur du chargement, on ne prenne tout simplement pas possession de la viande qui avait déjà commencé à se gâter…

Comme à Punia, il y avait dans la région un poste minier : la Cobelmine de Kampene, situé à une trentaine de kilomètres. Il était possible de nous y approvisionner à la coopérative ou d’assister à la séance de cinéma du samedi soir. L’ambiance n’était pas la même qu’à la Symétain, le poste était plus petit, on ne s’y attardait pas pour boire un verre après la séance… Par contre, nous étions contents de revoir le couple Vanden Bergh que nous avions connus à Pangi.

Pour Michel, il était temps de reprendre le travail, cette fois en compagnie de son collègue Dutilleux avec lequel il visitait les champs et les villages. Leur entente était telle que, non seulement en semaine mais aussi le samedi ou le dimanche, ils partaient ensemble en forêt à la chasse ou en reconnaissance de l’un ou l’autre lieu intéressant. Ils s’occupaient entre autres de pêche ce que Michel ne connaissait pas encore. Ils revenaient fourbus et crottés, impatients de raconter leurs aventures en buvant un bon verre de bière. Il faut dire qu’ils ne manquaient pas d’humour l’un et l’autre et qu’on a passé de bons moments.

Bien qu’étant définitivement installés dans une maison, nous étions obligés quand même de faire de la brousse. Comme si habiter au milieu de nulle part n’était pas déjà la « brousse »… ! C’était pour nous un vrai problème que de se déplacer avec tout le fourbi nécessaire pour quelques jours en brousse et on choisissait plutôt de s’installer dans un gîte (en dur) proche d’une exploitation ou d’un poste. C’est ainsi que nous sommes à plusieurs reprises retournés à Mabikwa où il y avait un gîte de passage et surtout des amis très accueillants.

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