23/02/2010

Kowé, la folle équipée

La vie continue… Michel devait repartir en brousse, à Kowé cette fois, le long du fleuve pour y surveiller le marché de coton en compagnie de l’agent de la Cotonco habitant sur place. Et c’est donc un mois après la naissance de Marc que nous repartons en voyage avec tout notre équipement. Cela devient encombrant : literie, linge, réserves… plus les deux boys ! Michel a d’ailleurs recours à un camion qui part dans cette direction pour lui confier nos affaires. Nous partons pour une certaine durée et allons retrouver à Kowé l’agent sanitaire, sa femme et leur petite fille, qui doivent également « faire de la brousse ». Quelle chance on va avoir de la compagnie !

Cette fois nous sommes à Kowé pour une quinzaine de jours. C’est une ancien poste important, très bien dégagé avec quelques maisons très confortables mais il y fait fort chaud…. Il y a de temps en temps un peu d’animation car le bateau courrier accostant à Kowé, apporte aussi des vivres frais destinés aux quelques colons, missionnaires et agents du coin. Lorsque le bateau est au port, on peut monter à bord et se distraire un peu en buvant un verre au bar.

Durant la journée lorsque les hommes sont au travail, les dames se retrouvent sous la barza pour papoter et surveiller les enfants qui jouent ensemble. Le soir, dans l’une ou l’autre maison, on se réunit pour boire un verre et même jouer aux cartes.

Nous avions ensemble décidé de faire un pique-nique sur le fleuve et avions réservé une énorme pirogue pour nous y mener. Nous avons embarqué le dimanche matin : 5 adultes et 3 enfants (Marc dans son berceau, c’est dire la taille de cette pirogue !)

Traverser ce large fleuve, menés par un piroguier avec son long bâton, sillonnant entre les différentes îles, c’était magique !! Il nous a laissés sur une île avec mission de venir nous reprendre à 17 heures. Nous ne nous sommes pas rendu compte des risques encourus, seuls sur cette île, sans ombre, sans abri. Heureusement nous avions avec nous une couverture avec laquelle nous avons érigé une espèce d’auvent pour nous abriter tant bien que mal, et bien sûr notre but premier c’était de nous baigner et de prendre de bonnes couleurs.

A longueur d’année nous vivions sous un soleil implacable, il n’y avait de piscine disponible dans aucun poste, on rêvait de se jeter à l’eau. Nous avions bien essayé une fois ou deux dans une rivière, mais c’était nettement déconseillé car on pouvait attraper rapidement des parasites.

Monic rivièrePour ma part, regardant dans l’eau j’ai vu filer sous moi un serpent ou autre anguille, cela m’a rendue méfiante,…. et puis, regardant et écoutant autour de nous, nous avons vu des hippopotames soufflant et  renâclant en grattant le sol. Il semblait que nous occupions leur territoire. Et il y avait des moustiques… des moustiques… !!! Nous restions à l’abri sous la tente en tapant le carton. Monique et sa petite copine, elles, n’arrêtaient pas de faire la navette entre le « campement » et le fleuve pour patauger… du moment qu’il y avait de quoi se mouiller… Ce n’avait pas été une bonne idée, ce pique-nique mais il a bien fallu attendre le retour de la pirogue pour quitter l’endroit !

Le soir en rentrant chez nous, on a tous constaté de fameux coups de soleil et n’avons pas hésité longtemps à nous mettre au lit pour nous remettre de nos émotions. Heureusement nos enfants n’avaient pas souffert de l’équipée. Et nous… des couleurs on en a eu, mais n’étions même pas bronzés ! 

 

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