11/02/2010

Repos forcé

Pour ma part, suite aux allées et venues, aux déménagements, j’étais très fatiguée et ne supportais plus la chaleur. Je faisais des baisses de tension et finalement des contractions.

Le médecin de la Symétain m’a fait hospitaliser sur place, à Punia. Ce n’était pas simple du tout car il y avait le problème de l’entretien et des repas : il me fallait avoir un boy avec moi, des provisions, du linge en suffisance…  il n’était donc pas possible de garder Monique avec moi. Elle a été prise en charge par la femme du médecin qui avait un petit garçon de son âge ; on aurait dit des jumeaux d’ailleurs, aussi blonds l’un que l’autre…

Durant une douzaine de jours, je suis restée au repos complet, surveillée par une sœur accoucheuse missionnaire, responsable de la maternité indigène. J’avais ainsi un peu de compagnie.. Michel était en brousse mais j’avais quotidiennement la visite de Mme Van den Eynde qui venait me voir avec Monique et son petit Bernard. Quelle merveille que ces deux petits, magnifiques, tout bronzés, adorables.

Fort heureusement, les parents de Michel nous envoyaient régulièrement de la lecture comme Femmes d’Aujourd’hui et le Sélection, ainsi j’avais toujours de quoi lire, le temps me paraissait moins long. La chambre d’hôpital avait la climatisation (une grande nouveauté) et j’arrivais enfin à dormir la nuit. Après ces quelques jours de repos, le médecin m’a autorisé à rentrez chz nous avec la promesse formelle de rester couchée, de ne pas circuler, même pas en voiture… que faire de Monique dans ces conditions ?? L’internat étant situé juste à côté de la maison, elle passait la journée chez Mme Cochet, le directrice, au grand plaisir des quelques pensionnaires.

Il est vrai que Monique était un vrai petit capon : elle avait fait d’énormes progrès, babillait sans cesse, était toujours à l’affût de quelque nouveauté, avait tout vu, tout touché, voulait participer à tout. C’était amusant de la voir à l’œuvre bien que ses entreprises tournaient parfois à la catastrophe et que je devais me fâcher. Ainsi elle participait à l’arrosage du jardin à l’aide de ses chaussures qu’elle avait enlevées, préférant courir pieds nus. Elle accompagnait le jardinier pour nourrir les poules et finissait par manger les graines elle-même. On entendait ses cris de colère lorsqu’on ne la laissait pas faire à sa guise…. quel petit caractère volontaire… et indépendant ! Il arrivait qu’elle file vers l’école et entre dans la classe pendant les cours à l’hilarité des élèves bien sûr. On me la ramenait gentiment….

 

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