27/01/2010

On déménage!

Au mois d’avril, Michel a appris qu’une maison du poste allait se libérer et que… peut être… nous pourrions l’occuper « pour un certain moment ». Le dimanche, à la sortie de la messe, lorsque l’agent fin de terme a tendu les clefs au chef de poste, Michel a intercepté son geste en disant « merci »… et personne n’a rien osé dire. Le jour même, sans attendre de réaction, nous nous sommes précipités pour transporter nos affaires de l’autre côté du poste pour prendre possession d’une maison qu’on reluquait depuis longtemps. Ce n’était pas trop compliqué, puisque les maisons étaient meublées.

Quel bonheur !!!!! Quelle chance… une vraie maison… un grand séjour, deux magnifiques chambres, une belle salle de bain, un office où trônait le grand frigo (toujours au pétrole) que nous venions d’acheter d’occasion à Mr De Meirsman, qui partait en congé, une vaste pièce pour l’entreposage, une terrasse couverte donnant sur une cuisine bien éclairée et enfin…. une vraie cuisinière. Et pour couronner le tout : du courant électrique !

Monic-jouetsC’était un plaisir pour moi de m’occuper de l’installation. Monique avait enfin une chambre pour elle car dans le gîte elle avait son lit dans la pièce à vivre. En premier, je lui ai fait une chambre de rêve : cousu des tentures, décoré les murs et étagères, disposé ses jouets…

Il y avait dans la cité indigène un magasin pakistanais où on pouvait se procurer certaines choses d’importation comme de la vaisselle ou du tissu. C’est donc là que j’ai choisi des cotonnades pour garnir les fenêtres du séjour et des chambres. Cela m’a bien occupée durant un temps.

Le jardin était magnifique et nous disposions dans le fond d’un enclos où élever des poules et des lapins. Nous avons d’ailleurs commencé aussitôt. Michel avait fait fabriquer de beaux clapiers pour les lapins, les nôtres, mais aussi ceux que les Charlier nous avaient confiés lors de leur départ en congé. Malheureusement, très rapidement, les lapins ont eu des problèmes : on les perdait l’un après l’autre et c’est avec regret que nous avons sacrifié les derniers pour en faire un repas avant qu’on ne les perde tous.

Nous n’avons pas mieux réussi avec les poules: espérant trouver des œufs frais pour le petit déjeuner, nous étions très déçus et avons imaginé qu’on nous les volait…. le boy nous a disait… c’est le serpent ! Soit.

Pour ce qui est de l’élevage, une poule couvait bien quelques œufs mais un jour le jardinier nous a apporté notre poule couveuse l’œil vitreux et le plumage tout mouillé en disant : elle s’est noyée… et en effet, nous n’avions pas pensé que cette pauvre bête avait soif. Elle voletait jusqu’au bord d’un fût à essence de 200 litres récupérant l’eau de pluie, pour boire et avait perdu l’équilibre la pauvre.

Que faire ? Me souvenant que pour un noyé il fallait lui faire dégorger l’eau avalée, je me suis dit que je ne perdais rien à essayer avec une poule. Aussi, je lui ai lié les pattes avec une ficelle et l’ai suspendue sous l’auvent à l’abri su soleil. La tête du boy : « qu’est ce que tu fais madame ? ». Effectivement, sous la poule suspendue s’est formée une petite mare et puis elle a ouvert l’œil, a battu des ailes, et une demi heure plus tard retournait couver ses œufs !

Mais, nous n’avons pas insisté et avons petit à petit renoncé à nos espoirs d’élevage car nous devions nous absenter trop souvent du poste et le jardinier, en notre absence, rentrait volontiers au village en oubliant superbement de nourrir nos bêtes.

Michel, lui, devait bien sûr continuer à partir en brousse et c’est ainsi que nous avons revu Ferekini où nous avions commencé notre vie à deux. Les choses avaient bien changé. La route « Pirson » qui reliait Yumbi à Ferekini avait été partiellement abandonnée pour une autre plus récente raccourcissant le trajet de moitié. Sur place, on a encore vu la maison en pisé que Michel avait construite, destinée quand même à la démolition car un gîte neuf la remplaçait.

Ferekini devenait un vrai poste. La mission était pareille à elle-même et non loin, la société Houdmont avait construit une rizerie, dirigée par un blanc. De cette manière la société pourrait traiter sur place les récoltes, et évacuer la marchandise par le fleuve Lowa.

 

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