02/01/2010

Retour à Punia

C’est le silence qui nous a réveillés lorsque le train s’est arrêté en "gare » de Kindu. Après cette croisière confortable et luxueuse d’une quinzaine de jours sur le Baudouinville suivie du trajet en train de 5 jours, nous étions heureux d’arriver enfin à bon port. Quelle expérience extraordinaire !!

Avant de quitter le Congo lors de notre premier terme, Michel avait confié sa Peugeot 403 toute neuve à l’administrateur de territoire de Kindu et n’a eu qu’à traverser la ville pour la récupérer. Par la même occasion, il s’est renseigné pour savoir quelle serait notre destination finale car on ne nous avait toujours pas assigné notre nouveau poste...

Renseignements pris : nous allions retourner à Punia (où nous nous étions mariés et où nous avions quelques amis). Cela nous convenait très bien.  Mais auparavant, nous allions devoir faire un détour par Pangi pour récupérer nos malles qui étaient entreposées chez notre copain toubib. 

Apprenant la présence de Madame Semet à l’hôpital de  Kindu, nous sommes allés la féliciter pour la naissance de sa deuxième fille. Elle nous a alors confié qu’ils ne resteraient pas plus longtemps au Congo, le contrat de Jean ayant été rompu. C’était peut être mieux pour elle car elle ne supportait pas du tout le climat ni l’isolement. Il faut dire qu’ils n’avaient pas été gâtés, seuls au milieu de nulle part. 

Nous nous sommes encore revus au poste de Pangi où nous étions arrivés accompagnés par un camion qui aller charger nos affaires pour faire route vers Punia. Nous avons été logés chez notre ami toubib et avons ainsi pu participer à la fête organisée pour la naissance chez les Semet. Avec eux encore, nous avons fait un rapide aller-retour vers Lokandu, camp militaire, pour essayer de vendre leur Volkswagen à un nouvel arrivant que nous avions rencontré lors de notre voyage de retour.

Plus tard, après avoir fait étape une nuit à Kindu (en laissant le camion sous bonne garde sur le parking de l’hôtel), nous avons fait route pour Punia. Cette fois encore ce fut une longue route hasardeuse par des escarpements et passage de bac.

Michel avait été nommé comme remplaçant de l’agronome du territoire qui partait en congé; on resterait donc à Punia durant six mois. Nous nous étions imaginé que cette fois nous aurions droit à une maison digne de ce nom... quelle ne fut pas notre déconvenue lorsqu’on nous a annoncé que nous allions occuper le gîte ! Pourtant … le poste avait été bien agrandi et aménagé.

Nous y avons retrouvé les De Rivière (chef de police et directeur de prison) et les Charlier(professeurs à l'école). Les Pirson, quant à eux, ne sont pas revenus après leur congé; ils sont partis dans la province de l’Equateur où lui avait été nommé directeur de prison. 

Punia était devenu plus important: on avait construit une école à côté du gîte et de l’autre côté de la route, une ancienne maison du poste était transformée en internat. Celle que nous avions occupée au premier terme avait été tout à fait transformée. Deux autres nouvelles constructions étaient réservées l’une pour Mr De Meirsman, que nous avions connu au paysannat, et l’autre au futur instituteur (elle est restée libre longtemps d’ailleurs). Il y avait aussi les maisons d’un territorial, de l’administrateur de territoire, du chef de police, du chef de poste, de l’enseignant et bien sûr les bureaux administratifs et la poste. Que de monde tout d’un coup… De plus, on annonçait l’arrivée du courant électrique à partir du poste de la Symétain situé à 5 km, nous allions pouvoir abandonner nos lampes à pétrole…!

Nous avons donc une fois de plus emménagé avec soin (même si c’était pour une courte période) mais bien déçus que l'ancien mobilier ait été remplacé par du mobilier métallique faisant assez caserne...

Comme l’écrivait Michel à ses parents : "nous voici bien installés (je n’ose dire définitivement, ce serait de l’humour), tout notre matériel ancien et nouveau est en place et c’est maintenant que nous apprécions toutes ces « petites choses » qui complètent si bien notre confort : ainsi la cafetière napolitaine, la boîte à pain, le moulin à café, la chaise d’enfant, la poussette…"

Michel a même commencé un jardin potager qu’il faisait surveiller avec soin, même si finalement nous n’en avons connu que des radis et haricots. Pour éviter que la vermine ne ronge les racines, les légumes étaient cultivés dans des jardinières en bambou surélevées et protégées du soleil par des canisses.

Monique s’est adaptée tout de suite à cette vie en prenant de plus en plus d’indépendance d’ailleurs! Elle suivait les boys ou le jardinier dans leurs occupations, avait plein de choses à raconter dans son petit langage, c’était gai comme tout.

Le travail de Michel, cette fois, dépendait directement du poste de Punia et non plus de Kindu. Nous avions de ce fait plus de contact avec les autres habitants. Il devait malgré tout faire trois semaines de brousse par mois et j’étais donc à nouveau seule du lundi au samedi après-midi...

Pour lui, il ne s’agissait plus cette fois de "paysannat" mais de mettre en route une pépinière de palmiers à huile. Il prenait contact avec les chefs de village pour les préparer à recevoir les jeunes palmiers à planter, ainsi les villageois seraient assurés de revenus pour l’avenir. Sachant qu'il devrait quitter ce chantier après 6 mois, Michel était un peu déçu, réalisant qu’il n’en connaîtrait jamais les résultats.

 

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