28/12/2009

Le train

Si la traversée se faisait d'Anvers à Matadi, en ce qui nous concerne - notre destination étant l'est du Congo - nous devions débarquer à Lobito en Angola.

C'est le silence qui nous a réveillés, le jour de notre accostage, plus de bruit de moteurs... Dans l'après-midi, on nous a fait descendre la passerelle non sans avoir auparavant salué et remercié le personnel de bord qui attendait un pourboire bien sûr… ce qui a définitivement fait le deuil de nos economies!

Les personnes qui connaissaient les choses avaient prévu d'engager un porteur à la descente du bateau pour s'occuper des bagages en direction de la gare. Nous étions un peu énervés, surveillant nos biens de près. Une certaine effervescence régnait, surtout parmi les passagers qui n'avaient pas encore fait l'expérience du voyage par le train. On avait peur que le train parte sans nous. 

Le convoi comportait de nombreux wagons de bois datant de 1927 !!!! Il nous était alloué un semi-compartiment de 3 couchettes tout en tête du train, juste derrière le wagon de réserve de bois. Notre compartiment jouxtait les WC ce que nous n'avions pas réalisé… Dans le couloir un filtre à eau était suspendu, rapidement, vu le jeu des enfants, a été épuisé. Ce compartiment était donc de bois “précieux” et cuivres, les sièges en velours rouge… c'était tellement exigu qu'on ne pouvait étendre les jambes.

 Train-1

Notre wagon se terminait par une passerelle en fer forgé exactement comme dans les films western et nous rêvions déjà d'y passer la soirée en espérant voir des “bêtes sauvages” et de beaux paysages. Nous avons vite déchanté… au premier essai pour ouvrir la porte, nous avons essuyé une pluie de charbons ardents... le sol de la terrasse en était couvert!

Alor, nous avons essayé de regarder par la fenêtre mais le danger était identique. Une braise incandescente a volé dans le compartiment et a failli tomber sur Monique! Aussi nous devions rester soit avec la fenêtre fermée, soit ouverte mais protégée par des persiennes. On ne voyait défiler que les rails.

Durant le jour, nous disposions d'une longue banquette, heureusement, puisque nous étions seuls, Monique pouvait aller et venir et grimper comme elle le voulait. A notre surprise, le soir on n'a dressé que deux couchettes, et nous avons dû nous arranger pour coucher Monique avec l'un d'entre nous, ce qui n'était pas évident.

Les repas étaient servis dans le wagon restaurant tout en queue de convoi. C'était un veritable tour de force que de traverser tout le train avec Monique dans les bras. A notre grande surprise, ces repas étaient payants ainsi que l'eau potable que nous emportions si nous ne l’avions pas terminée.

Il régnait une atmosphère étouffante, bruyante, agitée. Tout le monde essayait de trouver un peu de confort, les enfants jouant dans les couloirs. Quelle chance nous avions d'avoir un compartiment pour nous, même si c'était étroit. Au moins on pouvait mettre Monique à la sieste et se reposer aussi.

Si Monique s'était bien adaptée à la traversée, par contre manifestement elle n'appréciait pas le voyage par train, s'est mise à gémir continuellement et a refusé de manger. Aussi, lors du passage à la frontière, à Dilolo, Michel s'est précipité pour trouver une cantine et a acheté du pain, du lait, de la confiture et nous avons essayé de nous débrouiller sans wagon restaurant, préparant des biberons à l'eau froide mais au moins elle avalait quelque chose.

Train2Le train roulait durant 30 minutes, pour un arrêt d'un quart d'heure afin de  charger du bois, de l'eau… La locomotive sifflant à l’approche de chaque village, elle devait refaire de la vapeur. C'était lent, lent... A chaque fois qu'on s'arrêtait, le conducteur de la locomotive essayait tant bien que mal de se situer juste sous le manche à eau, et à force de cahots en avant et en arrière, risquait de nous éjecter tous de nos couchettes.

Pour passer le temps nous inventions des petits jeux: on chantait, on racontait des histoires, on jouait aux cartes, on lisait... Le soir venu, on voyait la lueur du charbon incandescent et les braises voltiger dans le ciel. C'était féerique et dantesque à la fois... Nous traversions d'énormes espaces, des collines, sans voir ni villes ni villages. Il n'y avait que le bruit des rails.... (et le loquet du WC attenant, utilisé jour et nuit).

Au cours de ces trois jours de voyage, Michel a fait une crise de malaria accompagnée de fortes fièvres et a dû rester couché ....

Lorsque nous sommes enfin arrivés à Tenké: changement de train. Chacun s'est précipité pour descendre les bagages, qui par la portiere, qui par la fenêtre, s'imaginant que la correspondance attendait.... qu'il y avait urgence... qu'on allait partir sans nous... Mais non, c'est à peine si un responsable était présent dans cette minuscule gare où nous attendions des instructions.

Finalement, on nous a prévenus que le départ était prévu pour 17 hrs et qu'un repas nous serait servi dans l'hôtel du poste. A la queue leu-leu, à pied nous avons fait le trajet vers cet endroit qui était en fait une sorte d'entrepôt commercial et c'est sans honte que j'ai laissé Monique s'amuser avec les marchandises du magasin, plongeant les mains jusqu'au coude dans les sacs d'arachides, de fèves ou de riz.... pour ensuite la laisser faire la sieste sur un matelas jeté à terre dans une arrière-salle.

Nous n'avons pas mangé grand-chose d'une choucroute qui nous a été servie. Après un interminable après-midi, nous sommes retournés à la gare où un superbe wagon-lits (belge) nous attendait. Belle surprise. C'était nettement mieux, climatisé, .... Même un peu trop car nous avons sorti des gilets de nos bagages.

Nous étions bien moins nombreux cette fois et chaque famille disposait d'un beau compartiment de 6 places ce qui pour nous signifiait qu'on pouvait se lever, se dégourdir les jambes, que Monique avait plus d'espace, un lit pour elle toute seule. Nous disposions d'un lavabo et enfin de l'eau.

Le chef de cuisine nous servait aussi à boire au bar du wagon restaurant et nous a même demandé ce que nous souhaitions manger pour le souper! Cette partie-là du voyage a été plus agréable et, si nous ne pouvions pas ouvrir la fenêtre, nous avions quand même une très large vue sur les paysages traversés. Après un voyage aussi long et mouvementé nous étions finalement très heureux d'arriver à Kindu.

14/12/2009

Le Baudouinville

Compagnie-maritime

 

BaudouinvilleNous avons donc fait le voyage de retour en bateau. Les Charlier (et d'autres aussi sans doute) nous avaient chaudement recommandé de revenir par bateau et ensuite par le train; que c'était “prodigieux”! Oui, sans aucun doute. Le Baudouinville, récent fleuron de la Compagnie Maritime Belge, était très luxueux pour l'époque. Il y avait près de trois cent passagers et autant de personnel de bord. Les installations étaient très confortables. Nous, comme simples petits fonctionnaires, étions logés dans une cabine au troisième pont inférieur (on avait un hublot quand même). Des lits superposés & lavabo mais douche et WC à l'extérieur. Un lit pliant pour le bébé et, service suprême, une femme de chambre qui veillait aussi lorsque le soir venu nous allions souper en laissant Monique dans son berceau.

Compagnie-menus

 

Il y avait une salle à manger splendide située à un étage inférieur qui, nouveauté, possédait une climatisation. Nous étions 6 convives par table qui nous était allouée une fois pour toutes, pour toute la durée du voyage. Un serveur attitré nous présentait chaque jour un menu différent qui était imprimé à bord. Le repas des enfants était servi avant le repas des adultes dans une petite salle à manger adjacente.

Pont
Sur le pont promenade, des rangées de chaises-longues attendaient les passagers qui profitaient du grand-air. Les enfants n’y étaient pas admis. Il existait une nursery et garderie spécialement dédiée aux enfants de moins de 12 ans avec des monitrices pour s'occuper d'eux. C'était très bien équipé: il y avait même un manège...

Au début, Monique acceptait facilement de nous quitter pour la matinée. Nous la récupérions pour le repas de midi et la mettions ensuite à la sieste dans notre cabine. Malheureusement, au bout de quelques jours, une gamine a fait une chute avec Monique dans les bras. La fillette avait été très choquée ainsi que le personnel car Monique avait fait des convulsions. Par la suite, nous avons eu plus difficile à la déposer à la garderie.

Bastinguage
Les premiers jours de traversée ont été pénibles pour beaucoup de personnes. Nous avons essuyé une tempête dans le Golfe de Gascogne et j'ai vraiment été malade. Je ne mangeais plus rien, ce n'était pas mieux. Même le personnel était malade… Seuls quelques irréductibles (dont Michel) arrivaient à la salle à manger où les tables et chaises étaient fixés au sol et les nappes mouillées pour que la vaisselle ne glisse pas.

C'est à l'escale de Tenerife que j'ai refait surface. Nous avons pu débarquer pour visiter la ville. Nos premiers pas étaient hésitants car nous marchions en chaloupant comme des marins après 5 jours de mer. Evidemment, au débarquement nous attendait une flopée de marchands ambulants nous proposant des broderies de Tenerife, de orfèvreries de Tolède et plein d'autres choses. Mais en tout premier lieu, une calèche nous invitait à faire un tour pour admirer le panorama depuis la hauteur de la ville.

TapisA la fin de la journée, lorsque les passagers remontaient à bord, les vendeurs revenaient à la charge en diminuant sérieusement leurs prix et certains voyageurs le savaient très bien. C'est ainsi que les dernières affaires se concluaient à partir de la rambarde du bateau et que l'échange marchandise et argent s'effectuait au moyen d'un panier descendu et hissé à bord.

A partir des îles Canaries le temps était réellement splendide. Des toiles blanches avaient été tendues au dessus des différents ponts. Durant l'escale, nous étions ainsi à l'abri du soleil. C'est à partir de ce moment que chacun a pu faire une courte visite dans les cales pour accéder aux malles afin de faire l'échange vêtements d'hiver contre vêtements d'été.

Durant la traversée, il été organisé une visite du bateau et de tous ses équipements. Nous avons ainsi vu bien sûr la passerelle du commandant, la salle des machines, les cuisines, les réserves (6 mois d'alimentation pour 500 personnes), la boulangerie, la boucherie, les chambres froides... l'imprimerie, car le menu était imprimé à bord chaque jour. Il y avait la lingerie où on pouvait donner du linge à laver et à repasser.

Une grande salle servait à la fois de cinéma, de chapelle et de salle de spectacle suivant les nécessités. Nous avions accès au cinéma gratuitement. Nous pouvions emprunter de la lecture à la bibliothèque. Il y avait un salon de beauté et un coiffeur, une boutique, une poste. On pouvait à partir du bateau prendre contact avec notre famille, les messages destinés aux passagers étant affichés sur un tableau à l'accueil. Quelle organisation !!!.

Il y avait aussi une piscine entourée d'un espace solarium. Elle était assez petite et on s'est vite rendu compte qu’il n'y avait pas moyen de nager vraiment. D'ailleurs il était interdit de faire beaucoup de remous pour n'éclabousser personne (interdit de courir, sauter ou plonger). Nous avons donc renoncé.

Après l'épisode du mal de mer, chacun a refait surface et les chaises-longues étaient recherchées. Nous nous installions volontiers en-dessous d'une de ces tentes blanches, une consommation nous étant servie durant la matinée. Le salon-bar était ouvert, fréquenté par des groupes de personnes qui se connaissaient et s'amusaient beaucoup.

Pour notre part, nous avons fait connaissance d'un jeune colonial substitut à Kindu qui retournait aussi pour son second terme. Nous avons ensemble beaucoup joué au poker menteur tout en sirotant l'apéro pour eux et le jus de tomate pour moi. Durant ce temps Monique était à la garderie.

J'avais emporté avec moi un joli ouvrage de broderie; Michel lisait un journal à notre disposition ou allait faire un petit tour. Certains soirs, il y avait soirée dansante dans le grand salon. Nous y avons fait une petite apparition car nous nous sommes vite rendu compte que les consommations étaient fort chères…  mais surtout que nous ne faisions partie d'aucun groupe et nous étions un peu perdus.

C'est en lisant les messages affichés que Michel a réalisé que nous étions nommés à Léopoldville. Nous n'étions pas enchantés.. toutes nos affaires étaient encore à Pangi! Il a donc fallu envoyer un télégramme à Bruxelles pour demander l'autorisation de continuer le voyage sur Kindu afin de récupérer nos malles et surtout notre voiture. Par retour de courrier, la mutation a été annulée et nous avons continué le voyage par train sur Kindu.

 

10/12/2009

Automne '58

Comme nous nous étions mariés au Congo, nous n'avions pas eu l'occasion de nous soucier de l'équipement de notre ménage. Mais expérience faite, nous savions ce qui nous manquait. Nous sommes donc rendus à plusieurs reprises dans les grands magasins pour faire nos achats. Cela nous ennuyait fortement d'ailleurs, car revenir les bras chargés alors qu'on vit à la charge de la famille c'était très délicat. Alors, très discrètement, nous enfermions nos butins dans les malles qui allaient être envoyées par bateau lors de notre départ.

L'automne est venu et nous avons pu nous installer à Rymenam dans la maison de vacances des parents de Michel. Bien sûr, son père nous y a conduits. Sur place, il y avait le légumier et le boulanger qui passaient. Pour le reste, nous allions faire les courses à pied. C'était loin quand même, le village, mais bon, on avait le temps. Il faisait magnifique et nous avons beaucoup profité de l'endroit. Nous avons beaucoup promené et Michel était très enthousiaste de me raconter toutes les aventures de jeunesse qu'il y avait vécues. Il était très heureux de me faire connaître “Rymenam”, la maison de vacances pleine de souvenirs de sa famille.

Nous y sommes restés aussi longtemps que possible, mais au moment où la froidure s'est annoncée, comme il n'y avait pas de chauffage, nous avons, la mort dans l'âme, du plier bagage et retourner à Schaerbeek chez les parents. Il y avait bien sûr un feu à bois dans le living, et le soir nous nous installions pour regarder rougeoyer les flammes. Des amis sont venus passer un moment avec nous, les parents de Michel aussi, maman et marraine.

C'est à ce moment que nous avons su que nous allions avoir un deuxième enfant. Michel n'était pas enchanté, il aurait préféré que nous soyons à nouveau en Afrique. Moi j'étais très heureuse, ne réalisant pas qu'effectivement cela allait un peu nous compliquer le retour. Il faut dire qu'au mois de septembre ma belle soeur Francine avait donné le jour à sa quatrième fille Catherine et que cela m'avait vraiment donné envie d'avoir un bébé.

C'est encore en famille que nous avons passé les fêtes de fin d'année: Noël chez maman à Kapelle et Nouvel-An à Schaerbeek. C'était une tradition immuable de se retrouver tous chez les parents de Michel, dans ce petit appartement oû nous étions forts nombreux… Les “grands” bavardaient, blaguaient et riaient, les petits criaient en se poursuivant d'une pièce à l'autre, les femmes se racontaient leurs histoires à la cuisine tout en aidant maman à faire les sandwiches... Il y avait de l'ambiance. Je n'avais pas connu cela chez moi et j'étais un peu perdue.

Monika
Et le 19 janvier 1959 est arrivé… jour de notre embarquement à Anvers. Quelques jours auparavant, Papa et Michel avaient véhiculé les malles qui devaient être au port avant notre montée à bord. Chaque objet, chaque vêtement, chaque cadeau a été pesé pour ne pas dépasser le quota de kilos qui nous était alloué. Nous étions ravis d'emporter tant de choses pour nous faciliter la vie en Afrique: des accessoires de cuisine, un joli service à moka qui s'appelait ”Monica”, du linge neuf...

Les parents de Michel, Maman et marraine, très éprouvés par notre départ, nous ont accompagné à Anvers et ont assisté à l'embarquement. Marraine était persuadée qu'elle ne nous verrait plus lors de notre nouveau congé 3 ans plus tard... Nous, de notre côté, nous étions déjà la tête et le cœur ailleurs, contents de reprendre une vie “normale”

 

04/12/2009

Eté '58

Nous étions en juillet 1958. En avril de la même année s'était ouvert l'Exposition Universelle de Bruxelles et nous étions impatients de la visiter.

Après quelques jours de repos, nous avons pris contact avec nos amis que nous souhaitions revoir bien sûr. C'était possible évidemment, puisque nos parents ne demandaient pas mieux que de garder leur petite- fille, si heureux de la présenter aux voisins et commerçants !

Nous avons séjourné soit à Kapelle (chez maman) soit chez les parents de Michel à Schaerbeek. De part et d'autre l'on s'est évertué à nous gâter, à nous faire de bons repas aussi car j'avais fort maigri et cela inquiétait nos familles.

Monic petiteMonique, elle qui n'avait pas encore beaucoup pris d'autres repas que des biberons vu qu'on manquait de tout en brousse, devait faire connaissance de fruits et de légumes, de viande et de poisson et cela n'a pas été sans problème. Nous nous relayions pour la faire manger afin de ne pas perdre patience, elle recrachait tout... Nous avons entendu tant de commentaires de la part de la maman de Michel que nous avons fini par aller voir un pédiatre à Bruxelles qui nous a semoncé en disant que l'enfant était parfaite et que nous devions la laisser tranquille.

Michel était bien décidé (conseillé par d'autres coloniaux) à acheter une voiture d'occasion pour la durée des six mois de congé mais lorsque son père l'a appris, il l'en a dissuadé en disant que de toute façon nous pourrions disposer de sa voiture si nécessaire. Et c'est vrai que pour nos navettes d'une famille à l'autre papa nous a été d'un grand secours. Nous avons été reçus d'une façon très enthousiaste par les frères & soeurs, les amis, les voisins… nous avons été gâtés, Monique a été adulée, vraiment, c'était extraordinaire!

EXpo1EXpo2
Nous avons pu visiter l'exposition universelle à deux reprises en nous déplaçant en bus don’t une fois avec bébé & poussette! Cela nous a beaucoup plu. Nous avons même assisté à la fermeture de l'expo en compagnie de nos amis et terminé à la Belgique Joyeuse. Nous avons eu beaucoup de chance de vivre ces choses là!

A la fin de l'été - ayant fait le tour des connaissances et familles (Namur, Andenne, Tervuren, Rhodes St Genèse, les amis de Bruxelles) - la vie de chacun a repris son cours. C'était devenu un peu difficile de continuer à vivre chez les parents et nous avons loué un appartement à Coxyde pour le mois de septembre. Papa nous y a conduit avec tout notre barda. Nous étions heureux de prendre un peu d'autonomie. L'appartement était bien (deux chambers) et maman est venue nous y rejoindre quelques jours. Le temps n'était pas extraordinaire, aussi on passait le temps en balades en traînant la poussette de plage en dunes. Fatigant! Finalement, au bout de trois semaines de vent et de battement de volets, ce n'était plus possible et on a demandé à papa de revenir nous chercher.

Re-séjour chez les parents. Le temps nous semblait long, nous allions promener Monique et nous aspirions déjà au retour en Afrique...

 

02/12/2009

Fin du premier terme

Tout doucement, nous nous approchions de la fin de notre premier terme et on pensait beaucoup à notre retour en Belgique. La famille nous manquait ainsi qu'un certain mode de vie confortable, de la nourriture abondante, fraîche et saine. Oooooh, revoir Bruxelles !!! Nous décomptions les jours d'autant plus fébrilement car nous allions d'enfin pouvoir présenter notre petite fille aux parents, frères et sœurs.

Nous ne savions pas si nous allions revenir dans le territoire de Pangi et, de toute façon, il était de coutume de vendre les “bintous” (nos affaires) avant de partir. Il y aurait certainement des amateurs pour les petites choses; les plus importantes seraient  mises en caisse et entreposées chez notre copain le toubib. C'est ainsi que nous avons entreposé nos malles chez le Dr Beghin, qui a aussi accepté de prendre notre perroquet et notre singe en pension. La voiture, qui était neuve, serait confiée à Mr Eloy, administrateur à Kindu, qui la ferait  tourner de temps en temps.

Le 21 juillet 1958, nous avons embarqué à l'aéroport de Kindu en direction de Stanleyville où nous avons passé une nuit dans le Guest-House. Nous avons quitté Pangi sans un sou en poche, ayant payé nos dettes chez le garagiste et l'épicier. Nous avions même dû emprunter une somme au docteur pour y arriver. Aussi, à Stanleyville, il ne nous était pas possible de prendre un taxi pour aller visiter la ville ou les chutes, ce que nous avons bien regretté d'ailleurs (nous ne les avons jamais vues).

Le vol sur Bruxelles était encore très long à l'époque. Nous avons fait escale de nuit en Afrique Centrale Française (Port Lamy) où des hommes armés gardaient l'aéroport. Je suppose qu'il y avait déjà de la rébellion dans l'air... Nous avons dû attendre debout dans un hall surchauffé que le plein soit fait pour reprendre le DC 10 pour Bruxelles. C'était un vol de 17 heures, très bruyant et très secoué.

Notre petite Monique a été super-facile durant le voyage et à l'arrivée à Zaventhem (en construction) nos deux familles nous attendaient. Ma maman avait loué un taxi, mon frère Walter était là et, accompagnés des parents de Michel, nous avons fait la route jusqu'à Kapelle pour célébrer notre retour.

Il ne faisait pas chaud ce jour-là: 18°C… j'ai demandé qu'on allume le chauffage! Je me souviens qu'on était très fatigués mais nous étions tellement excités de retrouver tout le monde et de répondre aux multiples questions.