10/12/2009

Automne '58

Comme nous nous étions mariés au Congo, nous n'avions pas eu l'occasion de nous soucier de l'équipement de notre ménage. Mais expérience faite, nous savions ce qui nous manquait. Nous sommes donc rendus à plusieurs reprises dans les grands magasins pour faire nos achats. Cela nous ennuyait fortement d'ailleurs, car revenir les bras chargés alors qu'on vit à la charge de la famille c'était très délicat. Alors, très discrètement, nous enfermions nos butins dans les malles qui allaient être envoyées par bateau lors de notre départ.

L'automne est venu et nous avons pu nous installer à Rymenam dans la maison de vacances des parents de Michel. Bien sûr, son père nous y a conduits. Sur place, il y avait le légumier et le boulanger qui passaient. Pour le reste, nous allions faire les courses à pied. C'était loin quand même, le village, mais bon, on avait le temps. Il faisait magnifique et nous avons beaucoup profité de l'endroit. Nous avons beaucoup promené et Michel était très enthousiaste de me raconter toutes les aventures de jeunesse qu'il y avait vécues. Il était très heureux de me faire connaître “Rymenam”, la maison de vacances pleine de souvenirs de sa famille.

Nous y sommes restés aussi longtemps que possible, mais au moment où la froidure s'est annoncée, comme il n'y avait pas de chauffage, nous avons, la mort dans l'âme, du plier bagage et retourner à Schaerbeek chez les parents. Il y avait bien sûr un feu à bois dans le living, et le soir nous nous installions pour regarder rougeoyer les flammes. Des amis sont venus passer un moment avec nous, les parents de Michel aussi, maman et marraine.

C'est à ce moment que nous avons su que nous allions avoir un deuxième enfant. Michel n'était pas enchanté, il aurait préféré que nous soyons à nouveau en Afrique. Moi j'étais très heureuse, ne réalisant pas qu'effectivement cela allait un peu nous compliquer le retour. Il faut dire qu'au mois de septembre ma belle soeur Francine avait donné le jour à sa quatrième fille Catherine et que cela m'avait vraiment donné envie d'avoir un bébé.

C'est encore en famille que nous avons passé les fêtes de fin d'année: Noël chez maman à Kapelle et Nouvel-An à Schaerbeek. C'était une tradition immuable de se retrouver tous chez les parents de Michel, dans ce petit appartement oû nous étions forts nombreux… Les “grands” bavardaient, blaguaient et riaient, les petits criaient en se poursuivant d'une pièce à l'autre, les femmes se racontaient leurs histoires à la cuisine tout en aidant maman à faire les sandwiches... Il y avait de l'ambiance. Je n'avais pas connu cela chez moi et j'étais un peu perdue.

Monika
Et le 19 janvier 1959 est arrivé… jour de notre embarquement à Anvers. Quelques jours auparavant, Papa et Michel avaient véhiculé les malles qui devaient être au port avant notre montée à bord. Chaque objet, chaque vêtement, chaque cadeau a été pesé pour ne pas dépasser le quota de kilos qui nous était alloué. Nous étions ravis d'emporter tant de choses pour nous faciliter la vie en Afrique: des accessoires de cuisine, un joli service à moka qui s'appelait ”Monica”, du linge neuf...

Les parents de Michel, Maman et marraine, très éprouvés par notre départ, nous ont accompagné à Anvers et ont assisté à l'embarquement. Marraine était persuadée qu'elle ne nous verrait plus lors de notre nouveau congé 3 ans plus tard... Nous, de notre côté, nous étions déjà la tête et le cœur ailleurs, contents de reprendre une vie “normale”

 

Commentaires

Très belle vaisselle. C'est de la porcelaine ?
Les cuillères en argent et le plateau me rappelle les couverts que l'on trouvait chez nos grands-parents.

Très jolie histoire en tout cas !

Écrit par : www.coin-fr.com | 16/06/2014

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