16/11/2009

Vie de broussards

Nous avons recommencé à aller en brousse quand Monique a été sevrée et est passée au biberon. Nous partions à nouveau ensemble, emportant malles-lit, malles-cantine, filtre à eau, lit et bain pour le bébé et deux boys. Nous étions fameusement chargés !

Il nous est arrivé de loger dans un gîte d'étape de la Cotonco, non loin de la mission de Moyo. C'est là que j'ai pu voir l'étalement des récoltes de coton au soleil pour le faire sécher, c'était éblouissant.

C'est là aussi que, pour la première fois, nous avons rencontré les Chêne (directeur de la station d'égrenage) qui allaient devenir nos voisins & amis au terme suivant. C'était donc pour nous une occasion d'avoir de la compagnie, de partager un repas, de passer la soirée à discuter ou à jouer aux cartes, le séjour en brousse paraissant moins pénible. C'était aussi vrai pour les autres européens. Comme nous commençions à connaître les membres de cette communauté européenne, on s'arrangeait pour faire de la brousse dans la même région.

Le territoire de Pangi étant plus ancien que celui de Punia, il était équipé de gîtes plus convenables pour le passage des broussards. Il y en avait à des distances raisonnables, certains en "dur" et sommairement meublés. D'autres étaient encore en "potopote" avec le toit de feuilles et des sanitaires tellement rudimentaires qu'il fallait se méfier des mauvaises rencontres : serpent, insectes divers... Ceux là n'étaient pas meublés et s'il manquait quelque chose on demandait au chef de village de nous le fournir. Sièges, table… Le fonctionnaire blanc à l'époque représentait l'autorité, on était respectés et il satisfaisait les exigences.

Un jour nous avons appris que Madame Juvel partait à Kindu. Comme notre voiture y était une fois de plus en réparation, Michel a demandé pour que je puisse l'accompagner afin de ramener la Stud. Madame Van Crombrugghe ne demandait pas mieux que de garder Monique pendant une journée. J'étais ravie de faire cette escapade. Nous avons fait l'une et l'autre quelques courses. Quel plaisir de pouvoir pénétrer dans un magasin de vivres ! Et pourtant… ce n'était de loin pas un self-service et il n'y avait pas beaucoup de choix. 

Dans l'après-midi, toujours avec chauffeur, nous avons pris la route du retour, il y avait plus de 100 km à parcourir. A la tombée de la nuit, il restait encore 40 km à parcourir, et oh horreur, pas de contact de phares. Nous avons été obligées de nous arrêter au bord de la route. Les villageois ont immédiatement entouré la voiture. Nous, deux femmes seules… plutôt mal à l'aise. Nous avons expédié un de nos planton à pied vers Pangi pour prévenir nos maris. Jamais attente ne m'a paru aussi longue. Nous avons attendu dans la voiture, sous un terrible orage et les regards curieux des indigènes. Monsieur Juvel et Michel sont venus en jeep à notre secours. Il était 1h ou 2 du matin. Ils avaient avec eux un mécanicien qui a constaté la panne : il nous manquait un fusible. Avec une épingle à cheveux il a pu remettre le contact !

 

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