10/11/2009

Un bébé facile

Papa coufinMonique était un petit bébé facile et gracile. Nous l’enmenions partout avec nous dans son couffin et il y avait parfois la réflexion de surprise de quelqu'un à la fin d'une soirée en constatant qu'il y avait un bébé parmi nous. Jamais Monique n’a eu un recul devant une personne étrangère et allait de bras en bras sans problème.

Le jeune médecin du poste, Yvan Beghin, adorait Monique et venait la voir souvent. Il me demandait conseil pour savoir comment s'occuper d'un petit car une dame du poste allait accoucher incessamment. C'est donc tout à fait instinctivement que j'ai soigné mon enfant. Monique a été sevrée à l'âge de trois mois, ensuite elle a eu des biberons de lait en poudre.

A part la bourbouille - sorte d'éruption due à la chaleur - elle n'a jamais été incommodée sauf à l'âge de 6 mois où elle a été prise de vomissements et refusait le biberon. Le toubib a décrété qu'elle était déshydratée et qu'il fallait lui donner aussi de l'eau sucrée. Les choses sont rapidement rentrées dans l'ordre. Nous avons commencé à lui donner des jus de fruits mais les oranges venant d'Afrique du Sud nous coûtaient fort cher. Chaque jour à l'heure du bain, je lui donnais quelques gouttes de quinine liquide qu'elle prenait sans broncher.

Dès notre installation dans le poste de Pangi, les voisins sont venus se présenter. Nous connaissions déjà les Van Crombrugghe qui étaient à Punia avec nous.Nous avons donc organisé un souper pour tous, le chef de territoire étant encore en Belgique. Nos compagnons nous ont tout de suite mis en garde contre ce Monsieur Juvel, nous disant que c'était une administrateur de territoire à l'esprit tordu et invivable.

Lorsque Monsieur Juvel est rentré de congé, nous avons fait connaissance d'une façon pour le moins inattendue. C'était un samedi, il faisait un temps infect. Il pleuvait des cordes et Michel n'avait pas envie d'aller en lotissement avec ses ouvriers.

A cette époque, on travaillait encore le samedi matin. Comme il avait vu qu'il y avait un four à briques au poste, Michel avait décidé de récupérer les déchets de briques pour les tasser et combler les trous du chemin de notre parcelle. Pour cela, il avait mis ses équipes au travail et circulait avec la jeep du chantier, car notre voiture étant à nouveau en panne, on nous avait donné la jeep « paysannat ». Est arrivé un type en ciré noir, se présentant comme l'administrateur et demandant à Michel ce qu'il faisait là. Mal à l'aise, Michel explique la situation et voilà que Juvel dit : "Bonne idée, on continue cet après-midi (zut alors pour l'après-midi) et on arrange le chemin de toutes les parcelles ». Et c'est ainsi que Juvel et Michel, ma foi, se sont entendus pour les années à venir.

Bien qu'étant à présent logés à Pangi, Michel devait quand même faire trois semaines d'itinérance par mois. Il a commencé par circuler autour du poste de Pangi, rentrant chaque jour, pour continuer la création de lotissements et cela me permettait de m'accoutumer à ma nouvelle vie de jeune maman tout en profitant de la maison.

 

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