05/11/2009

Une maman débutante

J'ai fait la connaissance d'une maison adorable, ombrée par de grands palmiers et entourée d'un "barza" (galerie couverte) d'où on avait une belle vue sur le poste. C'est avec un goût inoui que Michel avait arrangé notre home, soigné jusqu'au moindre détail, fleuri, décoré... On m'y attendait ! M'attendait aussi un beau collier de perles que mon mari m'offrait pour la naissance de Monique.

Monic berceauLe colis de Belgique était arrivé juste à point pour l'installation à Pangi. Le berceau fabriqué par André, garni par grand-maman, se trouvait dans un angle du living. Sur un fauteuil Michel avait étalé les trésors que nos deux mamans avaient cousus et brodés. Avec un plaisir évident, j'ai déplié la layette, le linge et admiré les différentes choses qui allaient garnir une chambre de bébé.

Ensemble nous avons fait le tour de la maison. L'installation de la chambre avec une loggia destinée à la nursery, un vaste bureau où je pourrais aussi avoir un coin couture, une salle de bains correcte, un office où je pourrais - à l'aide d'un réchaud Coleman - stériliser et préparer les futurs biberons et éventuellement cuisiner quelque-chose moi-même, une pièce magasin fermée à clé où nous allions entreposer des conserves et aliments secs. Pour moi c'était un soulagement d'avoir les moyens de gérer le ménage.

La cuisine, en briques, était située à une dizaine de mètres de la maison. Disposant d’une cuisinière à bois, il y faisait très chaud ! La lessive comme d'habitude se ferait dans la cour. Nous avions de l'eau courante à la salle de bains, un W.C. au bout de la terrasse. L'eau était entreposée dans des fûts montés sur échafaudage de briques au dos de la maison, à hauteur du toit. Sous un des fûts, un four à bois était aménagé et le soir un feu y était allumé. Ainsi, nous avions de l'eau chaude pour la douche. Comme partout ailleurs, l'eau était approvisionnée chaque jour par porteurs et provenait de la rivière.

Dans le poste de Pangi il y avait 7 maisons pour européens. Le poste était déjà ancien et les bâtiments dataient de l'époque de la création du territoire. Les habitations étaient vieilles mais fraîches et sympathiques avec de bonnes terrasses.

Chez nous, le plafond était en bois foncé, le toit en véritables tuiles. Par grosse pluie, il nous fallait prévoir des bassines de tous côtés pour faire face aux fuites, mais bon, on avait connu tellement pire ! Il n'y avait toujours pas d'éclairage électrique, nous avions la lampe à pression Coleman qui éclairait très bien ainsi que 2 lampes Aladin plus élégantes pour lesquelles j'avais fabriqué des abat-jour. Les lampes transportées d'une pièce à l'autre suivant nécessité avaient l'inconvénient de surchauffer l'atmosphère.

Monic bainDans mon office, j'avais un petit réchaud nécessaire pour chauffer de l'eau ainsi que 2 filtres. Le bain de Monique se donnait dans de l'eau bouillie et filtrée. Ensuite, je lavais la layette dans l'eau du bain. Les langes étaient bouillis et repassés bien à chaud pour les stériliser avec un fer au charbon de bois. C'est ce que j'avais appris à faire lors de mes stages à la Croix Rouge.

J'attachais une grande importance à la propreté et m'occupais moi-même de laver et stériliser les biberons.

J'avais eu quelque notion de puériculture lors de mes études et comme toute jeune maman, je possédais un livre sur la manière d'élever un enfant. J'avais aussi posé beaucoup de questions à ma cousine Georgette. Les différentes façons étaient à la fois bonnes et discutables et, de génération en génération, il y a eu des changements.

J'avais appris à instituer des horaires stricts et réguliers et m'y tenais. Au début, il a fallu donner le sein jour et nuit.

Monique n'était pas un bébé difficile mais ne prenait pas bien le sein et cela m'inquiétait beaucoup. Il fallait la peser avant et après la tétée. C'était fastidieux et fatigant pour tous. La nuit, Michel passait une éponge d'eau froide sur nos visages pour nous garder éveillées. Je n'avais notion des soins à donner au nourrisson que par mes lectures et les oui-dire des autres mamans… ce n'était pas évident.

Lorsque le bébé pleurait et qu'on avait vérifié s'il n'était ni mouillé ni incommodé par une épingle ou un faux pli, qu'il avait fait son renvoi, le berceau était glissé sans pitié dans la pièce d’à côté. Ma foi, très rapidement nous avons eu une nuit complète. Par contre, il y avait une crise de pleurs chaque jour à la même heure. Les boys étaient horrifiés que je ne prenne pas mon enfant dès qu'il pleure, cela ne correspondait absolument pas à leur façon de faire.

 

10:43 Publié dans Pangi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

Votre article est très émouvant ! La naissance d'un enfant est toujours un évènement plein de rebondissement même si les débuts sont parfois difficiles. Merci pour le partage de cet article!

Écrit par : http://www.universenfants.fr/ | 16/06/2014

Je suis d’accord avec @universenfants, ce moment est une étape dans la vie d’un couple et encore plus pour une maman. Elle donne la vie ce qui est le moment le plus extraordinaire d’une vie. C’est pour cela qu’il faut aujourd’hui utiliser les outils à notre disposition pour capturer ces premiers moments et les conserver à vie. En tant que professionnelle de l’impression d’albums de naissance, je suis en première ligne pour vous confirmer que beaucoup de mères y penses trop tard et regrettent ne pas avoir eu l’idée avant.

Écrit par : Faire partager | 18/06/2014

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