02/11/2009

Nouveau départ

Durant mon séjour à Bukavu, Michel a reçu son ordre de mutation pour un autre territoire. Il n'était pas fâché de quitter Punia. Il y régnait une atmosphère désagréable de conflit linguistique entre flamands et francophones (déjà), entre service territorial et autres services, entre fonctionnaires et broussards... Nous, les broussards, étions considérés comme les nomades clochards de la colonie. Nos hommes étaient habillés en kaki la plupart du temps, chaussés de pataugas. Les hommes du poste étaient impeccables et habillés de blanc souvent. Nous traînions avec nous des voitures pleines de « potopote », d'effets pleins de poussière rouge et nous ne faisions pas de manières. Cette espèce de ségrégation existait aussi en ville entre citadins et passants.

Michel a dû donc préparer seul le déménagement de nos effets personnels ainsi que celui des quelques ouvriers qui allaient nous suivre dans le territoire de Pangi. Il a pris la route avec un camion surchargé jusque Kindu où il a séjourné une nuit à l'hôtel. Le camion se trouvait sur le parking de l'hôtel et était surveillé par des gardiens. Notre boy, hérité des Pirson, avait absolument voulu nous suivre dans un territoire et une tribu qui n'étaient pas les siens.

Une ancienne maison de briques et toit de tuiles (rare) nous était attribuée à Pangi et aussitôt arrivé, Michel s'est fait un plaisir de l'aménager selon son goût. Mme Van Crombrugghe (venant de Punia) dont le mari avait été nommé chef de poste quelque temps auparavant, s'est présentée pour régenter la mise en place et cela ne lui a pas plu du tout. Cette personne était certainement bien intentionnée, mais elle ne pouvait s'empêcher de régenter la vie des autres et était envahissante et, en plus, dérangeante et médisante. En fait le problème de Punia recommençait à Pangi...

Lorsque le maison a été prête, Michel a pris la route de Kindu pour venir m'accueillir à ma descente de l'avion venant de Bukavu. J’avais fait le vol avec un bébé de 3 semaines et ne suis donc plus repassée par Punia.

Un des supérieurs de Michel - Mr De Meirsman - s'est fait un plaisir de nous recevoir à dîner. Son épouse qui avait déjà 4 enfants a pu me donner des conseils pour les tétées et les soins du bébé. Michel était fou de bonheur ! De retrouver sa femme surtout, le nouveau-né ne l'intéressait que moyennement.

Papa+bébé
C'était si petit, si fragile et préoccupait surtout la maman. Il a fallu qu'il s'y fasse. Une jeune maman a plutôt l'esprit tourné vers les besoins du nouveau-né que vers les aspirations d'un mari empressé. Il fallait que je donne le sein toutes les 4 heures, c'était fastidieux. C'était pourtant un soulagement d'être à nouveau ensemble, la séparation avait été pénible et nous repartions pour une autre vie. A Pangi.

 

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