22/10/2009

Retour à Punia

Michel BukavuLe séjour au bord du lac Kivu nous avait fait un bien énorme. Nous nous étions refait une santé grâce au climat et aux bons soins de Georgette. Michel faisait des plans pour un jour acheter du terrain au bord du lac Kivu dans l'intention d'y finir ses jours lorsqu'il serait pensionné... Georgette elle, me proposait de venir habiter chez elle au moment de mon accouchement. C'était une idée géniale évidemment, c'était sûr on allait se revoir.

Nos vacances arrivant à terme, nous avons pris congé de la famille et avons pris la route en sens inverse en espérant cette fois n'avoir pas de blague avec la voiture. Malgré tout, le premier jour à l'arrivée de la nuit nous avons eu des difficultés de phares et c'est de justesse que nous avons quitté l'escarpement avant d'avoir à croiser d'autres véhicules. Cela s'est arrangé à l'aide d'une épingle à cheveux faisant office de fusible! 

Pour le retour, nous avons pris un itinéraire différent ce qui nous a donné l'occasion de faire halte dans un poste où habitaient les Van Hoof agents chez lesquels Michel avait fait son premier stage en brousse. Cela m'a donné l'occasion de voir comment vivaient des agents agronomes deuxième terme, ce que je pouvais espérer dans l'avenir.

En général les agronomes étaient logés dans une maison et une parcelle très agréables, représentatives du savoir faire de leur occupant : jardin luxuriant fait d’arbustes, d’arbres et de fleurs exotiques parvenus là au gré de la fantaisie des uns et des autres. Nous y avons même découvert un caméléon accroché à branche d'arbre et, effectivement, il changeait de couleur suivant son trajet d'ombre et de lumière. C'était la mascotte de la maison !

Les Van Hoof nous ont accueilli avec beaucoup de gentillesse et nous avons logé au gîte du poste. Cela m'a fait du bien de rencontrer des gens qui avaient connu Michel durant sa période de célibat au Congo. C'était un peu comme si je retrouvais une famille là aussi.

De retour à Punia, Michel a recommencé à faire de l'itinérance de semaine en semaine pour suivre son chantier. Pour ma part, j'étais suivie par le médecin de la Symétain qui surveillait ma grossesse et m'a recommandé de lire le livre sur l'accouchement sans douleur dont on commençait à parler à cette époque et de faire les exercices de relaxation. Je faisais cela avec conviction, bien décidée à réussir une expérience qui laissait sceptique bien des gens.

Tant que faisais mes respirations et gymnastique toute seule, cela allait. Mais il était recommandé de faire participer le mari à l'expérience… ce qui était moins évident. Michel devait vérifier si j'étais bien détendue. Il le faisait avec tellement de commentaires et d'humour que cela finissait immanquablement dans les rires et les bras l'un de l'autre. Alors il disait : « nous allons fignoler les pieds » ou « aujourd'hui nous fabriquons les yeux »… il trouvait toujours bien sûr une bonne raison pour recommencer ! Et la semaine, il repartait en brousse...

 

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