05/08/2009

Dimanche 5 août '56

Visite importante aujourd'hui dans les Babemo: Delvaux - un des grands de Symétain-Punia - viendra se promener ici... et apportera le courrier. Il arrive à 13h et file immédiatement à Bukiru où les Pirson, las d'attendre, allaient juste commencer à manger. J'ai invité le Père Jean Baptiste et nous mangeons des cassoulets.

Un peu après le dîner, un bruit de voiture. Quelques instants après, j'aperçois une Mercedes qui hésite au coin de mon allée et qui, m'ayant reconnu, s'engage. Ce sont deux types de Houdemont de Yumbi qui viennent voir les possibilités d'installer une huilerie ici. Je me paye très sobrement leur tête et, après un verre, ils veulent voir la route. Comme les précédents, ils filent à Bukiru...

Vers 16h, c'est le voyage à rebrousse-poils. Tous reviennent, y compris les Pirson, ce qui donne pas moins de 4 voitures devant chez moi. Nous sommes 8 blancs, les 3 gosses Pirson non compris...

Ma glacière se vide... départ de la Chevrolet Symétain puis de la Mercedes Houdemont et finalement des Pirson qui emmènent le Père. Je vais les suivre de suite, juste le temps de fermer la maison... du moins ce que je pensais! Car voici qu'arrivent deux types qui portent une malle... suivi de deux autres... puis encore deux autres portant un matelas... Ce coup-là je sens l'oignon et j'interroge les porteurs: “Le blanc du coton qui vient de Kowé... qui est ce zébroïde?” Il vient à pied? Je pars avec la Studebaker question de lui éviter quelques klm (je sais par expérience que ce sont toujours les derniers qui sont les plus durs...)

A 100m mètres du carrefour, je vois le type... Je m'arrête. Présentations... Il s'appelle Leclerc et est évidemment de la Cotonco. Comme je lui demande ce qu'il vient faire ici - ce qui est quand même une saine préoccupation puisque ses bagages se trouvent sous "ma" barza et que de toute évidence, c'est chez moi qu'il compte loger - et là se trouve l'effarant, le loufoque de la situation, il me répond dans une candeur merveilleuse: "Mais voyez-vous, c'est que je ne sais pas. J'aurais dû recevoir la lettre 12-94 pour avoir les instructions mais je ne l'ai pas reçue. Alors je ne sais pas ce que je vais faire....". Je le rassure tout de suite: "Moi non plus!".

Me voilà avec ce crétin sur les bras qui ne connaît pas un traître mot de swahili (il me demande de bien vouloir payer les porteurs), moi qui étais prêt à partir chez les Pirson... Je l'installe chez moi et finalement, je l'emmène à Bukiru. Je ne tiens pas à rater cette soirée à cause de cet énergumène...

Au détour d'un virage, je vois les phares de la Ford des Pirson: ils commençaient à s'inquièter. Pirson avait emmené une pompe à tout hasard...

A Bukiru, Madame me lance un coup d'oeil interrogateur… je lui réponds par un signe de tête... Quelle tuile un type pareil ! Après deux mots, il a déjà tout expliqué de sa lettre 12-94 qu'il n'a pas reçue...

Nous soupons. Jean-Baptiste bouffe comme un goinfre (comme d'habitude) et pour achever toute bonne soirée, nous jouons une puissante partie de petits chevaux....

Le soir, au retour, dans les phares de la voiture, nous apercevrons un léopard.

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