12/07/2009

Jeudi 12 juillet '56

Je savoure les plaisirs d'une délicieuse sieste quand j'entends un bruit de voiture s'arrêtant pile devant la maison. Je pense reconnaître la voiture de Rommelaere et je ne bouge pas. Un clerc vient me tirer du sommeil. Je me lève et, oh stupeur: qui est ce zèbre dont les épaulettes chargées de deux grosses barettes me regarde d'un oeil noir?  Je n'ai pas longtemps à attendre, il se présente (seule chose qu'il lui reste à faire d'ailleurs puisque il constate que je ne le connais pas...). "Poswick: commissaire de district assistant" - "Van Wynsberghe, Agronome Paysannat". Ça y est, on est en pays de connaissance. Non l'autre Van Wynsberghe qu'il connaît n'est commun que de nom avec moi.

Des questions habituelles: "Depuis combien de temps êtes-vous ici ?" "Combien de planteurs installés ?" "Que reste-t-il à faire... ?" J'essaye de me réveiller et de lui répondre le plus honnêtement possible et je me rue sur mes cartes. Pendant qu'il s'intéresse à cela, j'ai le temps de reprendre mes esprits et de lui offrir une tasse de café. Après un quart d'heure d'entretien, il me dit que c'est pour Pirson qu'il vient. Arrivant de Lubutu, il est mal renseigné. Toujours la même idée préconçue quand une huile vient ici en visite.

Moi, je m'en tire pas mal, il paraît content. 2 heures après, il repasse. Ses affirmations sont définitives: “Ce n'est pas une route, dit-il, c'est une piste!”,alors que tout le monde, jugeant sainement, dit le contraire.... Soit.

Les commentaires sont fermés.