27.09.2008

Mardi 27 septembre '55

Le vieux chef Kassamboula arrive avec ses voitures... Il vient pour me saluer. Nous avons un long entretien portant sur la politique, la littérature, la musique... hum... hum...

Le lendemain, ce brave vieux m'apporte un jambon tout frais. Trop frais d'ailleurs, car après n’en avoir mangé qu’une fois, une infecte odeur émanant de la viande emplit la case le jour suivant et je liquide à regret ce splendide morceau de viande.

Le même soir, mon Yamba me réveille vers 22 heures pour m'annoncer que Kassamboula rentre de la chasse et veut m'offir un nouveau morceau de viande....

De la bête ouverte sur le bord de la route, je choisis le foie. A la lueur de fumeuses lampes à pétrole, les machettes me découpent le morceau... Boucherie pour le moins pittoresque!

26.09.2008

Lundi 26 septembre '55

Après avoir beaucoup hésité pour placer mon lotissement de Kigombe-Nendo - le premier que je fais - je fais ouvrir aujourd'hui l'alignement de base lorsque nous sommes pris dans une de ces averses! Mes travailleurs construisent en toute hâte un abri de feuilles... après une heure il pleut toujours autant et, suivant le conseil du capita Nondo, nous filons au village nous abriter sous une case.... Nous y restons 2 heures. On m'apporte des bananes. Malgré que je meure de faim, je réponds que je les mangerai chez moi car je pense qu'elles sont indigènes. Arrivé au gîte, ayant marché 7 km dans la drache, je constate que ces bananes sont absolument excellentes... leur couleur rouge m'avait fait hésiter......

23.09.2008

Vendredi 23 septembre '55

Il pleut. Je ne bouge pas de ma case... j'écris.....

Mutumwa gite3

 

21.09.2008

Mercredi 21 septembre '55

Anniversaire de Betsy et je pense: "encore deux du même genre" et puis beaucoup beaucoup d'autres merveilleux... Journée faste que j'ai voulu marquer de quelque chose de spécial... et Dieu sait si ce le fut...

Je rentre vraiment crevé, j'ai au moins fait 15 km sous un soleil terrible... Je rentre à 1h30. Mon Yamba se précipite à mon service. Heureusement qu'il est là celui-là...

17.09.2008

Samedi 17 septembre '55

Michiels vient me cueillir pour passer le W.E. à Kampene. Ce soir, nous allons au Club, il y a une séance de ciné: "La Minute de Vérité", un film français. Pas mal, sans plus. Michiels avait espéré jouer un peu de son accordéon après la séance mais hélas, la dernière image du film à peine terminée, tous les habitants du poste bondissent furieusement... A croire qu'ils ont peur de se voir... Nous restons à quatre avec deux jeunes techniciens de Cobelmine qui se plaignent du peu de camaraderie qui règne au poste. "Pourtant" disent-ils "après des semaines comme nous en avons près de ces infernales machines-trieuses, on aimerait bien parler un peu. Les directeurs sont en dessous de tout". En moi-même, je pense: "Vive ma case et le Paysannat"!

Maison Michiels

Le dimanche fut interminable car Michiels, toujours plongé dans ses cartes, était dans les nuages... je dois bien avouer que je me suis ennuyé à mourir....

Le lundi, ayant travaillé très tard la veille, il est de nouveau malade comme un chien. Grelottant de fièvre, il m’a reconduit à toute vitesse à Mutumwa.

14.09.2008

Mercredi 14 septembre '55

Mutumwa paysanat

Retour à Mutumwa. Michiels me laisse pour aller à Kampene travailler à ses cartes. Lorsque je rentre de forêt, là, devant ma case, la belle Studebaker "Commander" de De Meirsman... il vient voir comment cela marche. Le soir, nous allons retrouver Michiels à Kampene: descente au Club et sympathique soirée dans le home de Michiels qui nous distrait avec son accordéon... Dans la nuit, retour au gîte. Franchement, j'ai aimé ces quelques jours de déplacement Ainsi, ce premier temps de broussard a été un peu agrémenté.

A suivre... le 17 septembre

11.09.2008

Dimanche 11 septembre '55

Mutumwa gite2

Aujourd'hui, pendant que je profite d'une délicieuse sieste, arrive ici devant la case tout un groupe d'indigènes endimanchés comme il se doit.... Le sultan de Kigombe m'explique d'une traite de quoi il s'agit. Je ne comprends évidemment rien du tout et mon Yamba (mon boy) essaye de me faire comprendre pourquoi ils ont amené un homme solidement ligoté. Je ne parviens pas à reconstituer les faits qui l’ont conduit ici: un camion.... de la viande.... mais pas de viande.... une lettre pour le bwana... mais pas de lettre... Cet homme n'ayant ni livret d'identité ni feuille de route, ce sont pour moi des raisons suffisantes et raisonnables pour l'envoyer chez le chef de poste. Tout le monde est bien content et moi aussi de voir partir ce pauvre type vers Kayuyu....

Tandis que je reprends ma sieste et mes esprits, un bruit de moteur… Qu'est-ce encore? C’est Michiels qui rentre pour m'annoncer qu'on nous attend à Kindu, chez De Meirsman, qui fête la naissance de son quatrième....

 

1/4 d’heure plus tard, nous nous élançons vers Kindu... 140 km. Voyage semé de crevaisons... qui s'échelonnent régulièrement tous les cinquante kilomètres... La dernière dans l'obscurité totale à 21h30, à 3 km. de Kindu. C'est la quatrième fois! En 7 minutes et demi nous changeons de chambre à air.... et le pneu se dégonflant une fois encore sur le bac, c'est avec 3 heures de retard et un pneu plat que nous arrivons finalement chez nos hôtes.

J’avais toujours connu mon directeur assez sec et autoritaire. Je le vois maintenant avec un faux-nez en carton, un bonnet de papier, me disant de me dépêcher de manger pour que l'on s'amuse... et l'on s'amusa, quoique pour ma part, je ne savais pas trop quelle limite respecter...

Nous  sommes restés à Kindu pendant deux jours, faisant nos achats, mangeant un peu à l'hôtel et dans les ménages De Meirsman et Rochez, dormant dans les bureaux où j'avais quelque temps auparavant fait mon entrée au Paysannat.

A suivre... le 14 septembre.

10.09.2008

Samedi 10 septembre '55

Michiels complètement malade, fièvreux, me quitte pour aller se faire soigner à Kampene. Je reste seul au gîte, la première fois que je suis seul en brousse....

09.09.2008

Vendredi 9 septembre '55

Michiels ne se lève pas, il est malade, il a une mine cadavérique. Quelques fortes têtes croyant profiter de l'occasion, refusent de travailler. Le jeune bwana ne dira rien... Ils se trompèrent car, au lieu d'ouvrir tout bonnement un alignement normal d'un mètre, ils ont ouvert 2 mètres et l’ont nettoyé comme un billard...

Piste 

 

 

Piste2

 

A demain...

08.09.2008

Jeudi 8 septembre '55

Mop zigouille une chèvre... ou pour mieux dire, un mouton. C'est du raffinement... Je paye la bête qui n'est qu'étranglée et la vends aux travailleurs. Ce sont des "arabisés" qui, ayant revêtu leur plus beau nguo, vont manger cette viande de mouton,  conformément aux rites ancestraux...

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