13.11.2008
Dimanche 13 novembre '55
On a trinqué le coup des adieux. Michiels est parti, le vadrouilleur des routes comme le dit son nom en swahili... les indigènes ont vu juste. Nous nous reverrons plus tard, à Lubutu.
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11.11.2008
Vendredi 11 novembre '55
Michiels est arrivé hier soir, il restera quelques jours avec moi. Décidément, c'est un lieu de transit ici! Nous faisons l'abornement d'un vieux lotissement. J'aime travailler avec ce type, il travaille "détendu". Pas du tout comme Rochez ou De Meirsman, le premier travaillant pour le rendement (on comprend qu'il peut forcer s’il ne fait que des incursions en brousse pour se reposer après dans son bureau de Kindu! C'est tout différend pour le broussard continuel. Ainsi on voit un peu l'apparition de Rochez comme une mauvaise affaire...) Quant à ce brave De Meirsman, il est flamand et il a dans son caractère ce trait propre aux flamands, le respect intégral (voire la peur) de l'autorité. Lorsque nous travaillons, il cache sa bouteille de bière dès qu'il entend une voiture, pour que Rochez, s'il arrive, ne voie pas que l'on boit.... c'est presque enfantin... c'est du De Meirsman.
Avec Michiels on peut parler et il est évident qu'il est dans l'autre camp, il n'aime pas Rochez ni ses façons de travailler... visites surprise à des heures très matinales...où est la confiance? Je suis d'ailleurs persuadé que le contraire est aussi vrai: on n'aime guère Michiels dans les bureaux de Kindu. On le prend pour un "braque" et je dois avouer qu'il y a un peu de vrai... mais le travail qu'il fait est énorme.
Lors de nos soirées à Mutumwa, j'ai un peu appris ses origines et je sais maintenant que toute sa famille est un peu artiste ou du moins était... En sachant cela, on comprend: tous les artistes n'ont pas toujours les deux pieds sur terre...
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10.11.2008
Jeudi 10 novembre '55
Tandis que je travaille à des calques de cartes et que De Meirsman fait ses études démographiques, Rochez - en partance pour Kasongo - s'arrête pour dîner chez nous. Madame Rochez est très plaisante mais j'ai horreur de son genre "je sais tout". Juste après le dîner, les deux agents de la Regideso passent aussi, partant eux, pour Pangi. Madame Brauch descend de voiture avec ses deux gosses... Présentations.... En pleine brousse! C'est marrant, je m'amuse à remarquer les personnalités et je vois que tout ce petit monde reste guindé. La Regideso et le Paysannat sont pourtant tellement rapprochés comme but. Je sens tellement bien que Rochez, le directeur du Paysannat, entend rester un directeur.... c'est idiot.
Soit. Nous sommes à onze dans ma case, je sers de la grenadine aux enfants. Ce geste me fait sans doute bien plus plaisir qu'aux gosses eux-mêmes.
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08.11.2008
Mardi 8 novembre '55
Vers midi, un bruit de voiture. C'est De Meirsman qui arrive! Messager apportant chaque fois un peu de confort, il arrive cette fois avec la nouvelle qu'une malle cantine neuve suit dans une jeep.... On ne peut croiser ce type sans qu'il ait un service à vous rendre!
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07.11.2008
Lundi 7 novembre '55
Mes travailleurs ont commencé le travail de la piste. Ils n'aiment guère cela et je les comprends... je rentre du chantier à pied, à mon aise, en promeneur. C'est un peu vacances. Sortant de ma brousse, je ne me sens guère chez moi. Ici au carrefour, quel trafic... Au moins 5 camions par jour et 1 ou 2 voitures! J'ai un peu l'impression d'être installé sur un grand boulevard bruxellois et cela casse l'intimité de mon "chez moi".
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06.11.2008
Dimanche 6 novembre '55
Ma pile ne donne presque plus. Impossible d'entendre la messe, je ferme mon poste. Je continue à donner un aspect attrayant à mon home. Après une matinée de travail, il est 3 heures, je vais dire bonjour aux Destrooper qui habitent le gîte en briques à 400 m. Je suis invité à souper. Cela me fait plaisir de pouvoir me montrer civilisé, raffiné, et au cours du souper de refuser de me resservir des plats. Il y a tellement longtemps que je mange seul!
Le soir, quand je rentre dans ma case, je me sens un peu nouveau. Le fait qu'ils soient là, fait que j'aime Kingombe-Mbali. Je ne suis plus seul.
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